Invitation à la cuisine traditionnelle des Ryūkyū

Samedi a eu lieu le second évènement en rapport avec Okinawa à la Maison du Japon.
Cette fois, comme son nom l’indique, on allait nous présenter la cuisine traditionnelle des Ryūkyū.
Bon promis, c’est la dernière fois que je vous parle d’Okinawa ce mois-ci 🙂

Comme le placement était libre, je suis arrivée 30 minutes en avance. Bien m’en a pris car j’ai pu m’assoir au premier rang (yeah ^^). Sur nos chaises étaient posées des brochures super complètes sur Okinawa et les recettes qui allaient nous être présentées.

 La salle n’était pas pleine, il y avait 70% de français et la moyenne d’âge était de 50 ans environ. C’est drôle de voir que dés qu’on sort un peu des sentiers battus il n’y a plus de jeunes. J’espère que mes articles donneront envie aux plus jeunes passionnés du Japon l’envie de s’ouvrir un peu plus aux autres aspects de la culture japonaise (j’ai l’impression d’avoir 70 ans quand je dis ça mais oui oui je fais parti des jeunes x) ).

Pendant les premières 45 minutes, une jeune irlando-japonaise qui est née et a grandi à Okinawa nous a parlé de l’archipel et de ses différentes îles, puis de la cuisine, culture et des traditions de l’île principale.
En gros elle nous expliquait ce qu’on trouvait dans la brochure mais avec plus de détails.

Ensuite est arrivée 山本彩香さん (Yamamoto Ayaka), célèbre cuisinière qui tient un restaurant à Naha (elle a aussi été une illustre danseuse durant sa jeunesse) et son équipe.
Comme elle parlait en dialecte d’Okinawa, la « guide » irlando-japonaise traduisait en japonais courant puis une traductrice passait le tout en français.
La « guide » nous a confié qu’on avait beaucoup de chance de pouvoir manger la cuisine de Yamamoto-san car son restaurant est complet des mois à l’avance.

Tout en nous montrant des photos de la réalisation des plats, Yamamoto-san nous a expliqué les recettes et les bons gestes à faire tout en nous donnant ses petites astuces de chef (remplacer un ingrédient par un autre, possibilité d’accompagnement, d’assaisonnement différent etc…). 



Puis le moment tant attendu de la dégustation est arrivé. J’ai eu peur que ça soit un truc style buffet car les gens se précipitent et on a pas le temps de prendre de photos. Mais heureusement, tout a été servi à notre place. Tout en mangeant au son du sanshin, Yamamoto-san nous a posé des questions du style « Au Japon on mange tout dans le cochon sauf une seule chose, laquelle ? »
La réponse ? 鳴き声(nakigoe, les cris du cochon).

Voici le menu :

1. L’entrée :  豆腐よう (tōfu yō) & ミヌダル (minudaru).
Le tofu est vraiment très imbibé d’alcool. C’est normal puis qu’on le rince avec de l’awamori et qu’il macère dedans pendant 4 mois. Mais pour les gens qui ne boivent pas d’alcool comme moi c’était trop présent. Habituellement servi en bloc avec la sauce dessus, il nous était présenté en pâte sur un petit cracker. Ceci pour la bonne raison que le tofu en bloc n’aurait pas supporté le voyage.
Était servi avec le plat le plus délicieux de la conférence, du minudaru. Porc cuit lentement avec de la pâte de sésame noir. Un délice.

2. Plat principal :ラフテー (rafute) servi avec du chou et des pickles.
J’avais déjà mangé du rafute mais pas d’aussi bon. La viande était simplement délicieuse et tellement tendre qu’on pouvait la couper à la cuillère. Yamamoto-san nous a confié avoir été impressionnée par la viande française qui lui rappelait la viande japonaise d’avant guerre et qu’on ne trouvait plus.

3. Dessert  : シークービー (shīkūbī), des boules de tapioca dans un sirop de sucre noir.
J’ai aimé le tapioca mais pas le sirop qui fait penser à du café (je n’aime pas le café x)). J’étais la dernière à rendre mon gobelet et du coup ai pu constater que j’étais la seule à ne pas avoir fini. J’ai eu un peu honte  ><

Hormis les plats dégustés à Miyako et aux Yaeyama cet été et l’année précédente, je ne connaissais pas du tout la cuisine traditionnelle d’Okinawa. Cette conférence m’a permis d’en avoir un petit aperçu : la cuisine d’Okinawa est particulièrement difficile et longue à réaliser mais néanmoins très intéressante.
Pour tous les amateurs de la culture des Ryūkyū qui habitent paris, il y existe une association qui se nomme Association OFFICE D’OKINAWA (vous trouverez leur site web ici). Elle propose des cours de sanshin (gratuits mais il faut s’inscrire, c’est 33€ l’année) et sûrement beaucoup d’autre chose (leur site web n’est pas à jour). Je vais à un cours de sanshin samedi prochain, j’essayerais de rapporter plus d’informations.

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12 réflexions sur “Invitation à la cuisine traditionnelle des Ryūkyū

  1. j'attendais ton article avec impatience: tu as dû vraiment te régaler les yeux, les oreilles et les papilles!
    quant à l'âge moyen du public de la MCJP, c'est un peu à eux de faire un effort aussi pour communiquer sur les bons supports et attirer des jeunes!!
    Cuisine d'Okinawa, c'est a priori le comble du chic asiatique-exotique 😉

    tu nous raconteras tes prochaines activités ave l'association, hein?
    merci!

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  2. Ho, un Shisa ! (^.^)
    Je te rassure, tes articles intéresses des moins de 50ans.
    Une double traduction? ça devait être compliqué à suivre, j'avais assisté à une conférence mêlant 3 langues différentes et c'était totalement anarchique ! Mais bon… les organisateur était… comment dire sans être médisant ? Un peu incompétent sur ce coup.
    Bref, à première vu j'ai cru que ton désert serait du natto au sirop ^^ »
    Tu as vraiment été gâtée, ralala, si j'eus été là *rêveur*
    Ensuite, après avoir lu les commentaires, je plussoie Laetitis. Comme je l'avais déjà dit ce genre d'évènement est si rare, si compliqué à trouver, en dehors des grandes villes (pour ne pas dire en dehors de paris) c'est vraiment dommage, mais c'est bien pour cela que ton blog revêt un intérêt si particulier. Donc merci, en passant… encore une fois.
    Bref, d'éloges point trop n'en faut.
    Vivement ce cours de sanshin (^o^)

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  3. oui c´est super amer, ma belle-mere me disait souvent que c´etait tres bon pour la santé et que je devais en manger ,donc petit a petit je me suis habituée au gout. Au fait je voulais te demander pourquoi pars-tu a fukuoka? c´est dommage on aurait pu se voir !

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  4. Je ne voulais pas aller à Tokyo ni Osaka ou Kyoto et comme j'ai eu un coup de cœur pour Kyushu, je voulais absolument habiter là bas. Si jamais tu passes par Fukuoka fais moi signe 🙂 Je devrais passer de temps en temps du côté de Tokyo.

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