Curiosités de la vie d’entreprise au Japon

J’entame le quatrième mois dans mon entreprise japonaise. Si tout ne vient pas encore naturellement, je m’habitue progressivement au rythme, aux horaires, au vocabulaire (quelle merveilleuse façon de travailler la langue) et aux us& coutumes. Mais au fait, comment ça se passe concrètement dans une entreprise lambda au Japon ?

Comme je n’ai pas le droit de prendre en photo tout ce qui a rapport avec mon entreprise et que je ne le souhaitais tout simplement pas, je vous offre une photo de saison. Le festival Hakata Gion Yamakasa approche à grands pas !

Un vrai esprit d’équipe
L’individualisme n’a pas sa place dans une entreprise japonaise. Tout fonctionne par équipe. Dans la mienne je suis dans l’équipe Fukuoka, puis Design, puis Web design. L’équipe web design compte neuf personnes. Chaque matin nous avons une réunion où chacun informe de son avancée dans le planning et de ce qu’il va faire aujourd’hui. Puis la chef d’équipe fait passer les informations reçues de la direction. Le soir, même chose. Chacun précise si il compte faire des heures supplémentaires ou pas. Du coup tout le monde est informé de l’avancement de chacun et cela permet de s’entraider.
Lors de la rédaction d’un mail pour la livraison d’un travail ou une demande d’information, on met systématiquement en copie la liste de diffusion de l’équipe pour que tout le monde reste informé.
La notion d’appartenance à un groupe est d’autant plus renforcée que nous avons des badges que nous devons avoir autour du cou toute la journée.

L’ambiance propice au travail
Comme dans toute bonne entreprise japonaise, nous travaillons dans un open space. Mais ici tout est propice au travail, il règne un calme absolu. Nous communiquons exclusivement par e-mails et par messagerie instantanée ce qui fait que personne n’est dérangé par les sonneries et les conversations téléphoniques des voisins. Pas de musique non plus. Dans mon ancienne boîte française, il était coutume que quelqu’un décide d’un coup de mettre sa musique à fond via ses enceintes et d’en faire profiter tout le monde. Heureusement, ici ce comportement égoïste et irrespectueux est proscrit. Nous n’avons pas d’enceinte de toute façon. La musique est toutefois tolérée avec des écouteurs (casques interdits). Pour terminer, les conversations parlées se font à voix basse et si quelqu’un fait du bruit involontairement, il s’excuse immédiatement.

Le respect d’autrui
Au Japon on ne touche pas les affaires des autres, il y a un grand respect des gens et des biens. En France il était courant que je me retrouve un matin sans tablette ou carrément sans chaise. Impensable ici, on ne touche surtout pas les affaires des autres sans permission. Ainsi qu’on ne regarde pas l’écran de ses collègues. Tout le monde utilise le langage soutenu et se salue dans les couloirs de la même façon, que ce soit le plus grand des patrons ou la stagiaire arrivée la semaine dernière. Un autre exemple, la première personne entrant dans l’ascenseur devra appuyer sur les boutons et tenir la porte quand des gens entrent ou descendent jusqu’à être arrivé à son étage. En sortant, tout le monde remercie, bien sûr.

On me considère comme n’importe quel autre employé
J’ai la chance d’être tombée dans une entreprise qui considère ses employés étrangers comme des employés japonais. Il n’y pas une once de différence de traitement et avec tout ce que j’ai pu entendre et lire, je considère avoir de la chance. L’entreprise est à 90% féminine donc pas de discrimination de ce côté là non plus.

Le design à la japonaise
Je savais que le design à la japonaise était différent de ce qu’on peut faire en France mais pas à ce point. Il y a bien sûr des graphistes fantastiques et extrêmement talentueux mais énormément de travaux sont un supplice pour les yeux (encore plus qu’en France). Ici on n’hésite pas, entre autres, à utiliser beaucoup de couleurs dans une création (la règle des 3 couleurs maximum existe pourtant), à coller le texte sur les bords ou à superposer texte et image en ajoutant un effet pour qu’il soit à peu près lisible. Les règles du design japonais étant complètement différentes, j’ai du tout réapprendre ou presque.
Au début j’étais effarée devant ce que je voyais. Je refusais de m’adapter de peur de « perdre du niveau ». Il faut dire que mes DA me fait des remarques de chef de projet : « On s’en fiche que la création soit bancale, met bien tel chose en gros ».
Puis j’ai commencé à étudier d’un peu plus près ces particularités et maintenant, j’ai appris à faire la part des choses.  Aujourd’hui, le design à la japonaise me passionne. Je passe des heures à la librairie à feuilleter des magazines et autres livres de design et à récolter des flyers et magazines gratuits. J’envisage même de passer l’examen 色彩検定 (Shikisei Kentei) pour familiariser mon esprit avec les associations de couleurs utilisées ici. J’ai une préférence pour le design print (que je n’aimais pas en France) et espère pouvoir travailler pour un magazine un jour.

Pas de congés maladie
Les congés maladie n’existent pas dans mon entreprise. Lorsque l’on est malade, on prend simplement sur ses jours de congés payés. J’ai eu la malchance d’attraper une grippe en avril et mes jours ont fondu comme neige au soleil : ici pour ce virus, c’est une semaine de repos forcé, il est interdit de venir travailler.
Qui dit pas de congés maladie dit pas de certificat à fournir à l’employeur. Dans mon entreprise, un petit message a l’équipe via la messagerie instantanée Line suffit pour prévenir de notre absence. On revient ensuite le jour suivant sans plus d’explications.

La sécurité
La sécurité est maximale et extrêmement importante : nous avons un badge à bipper pour rentrer dans notre open space (en plus de l’immeuble !), il est interdit de brancher une clef USB personnelle à son ordinateur, l’écran doit toujours être verrouillé lorsque l’on quitte notre siège, les photos sont interdites, etc… Il est aussi interdit de poster le nom de la société sur le net ou sur des documents sans accord au préalable.

La productivité
Les japonais ont l’image de personnes se tuant au travail et passant des heures au bureau. Si le dernier point est vrai, il est faux de dire que les japonais travaillent beaucoup. Ils travaillent longtemps, certes, mais leur productivité est bien moins élevée qu’un français. Encore une fois je prends mon exemple : En Juin j’ai eu un planning deux fois plus chargé que mes collègues pour me tester. J’ai réussi à tout terminer le vendredi pour le mardi, le tout sans faire plus de 30 minutes d’heures supplémentaires par semaine. Mes collègues eux ont fait entre 2 et 3 heures de plus par jour, il est fréquent qu’ils ne prennent qu’une demi-pause déjeuner et ont eu du mal à boucler leur planning à temps.
Que font-ils pendant la journée ? Mystère.

On me prend pour une débutante ! 
L’une des raisons pour lesquelles j’ai été recrutée a été mon expérience professionnelle et mes compétences techniques. Je pensais donc qu’on allait me confier des travaux assez conséquents mais la réalité est tout autre. Changement de texte et d’image sont mon lot quotidien.
En fait au Japon, l’ancienneté compte plus que l’expérience. Quelqu’un avec 5 ans d’ancienneté et 5 ans d’expérience sera toujours plus haut dans l’organigramme qu’un nouveau avec 10 ans d’expérience. Je crois que c’est le point avec lequel j’ai le plus de mal. J’ai passé de très mauvais moments à déprimer, à remettre en cause mes compétences puis j’ai dit stop et j’ai pris du recul. Aujourd’hui je prends ça avec plus de philosophie : je ne peux rien y faire de toute façon. Mais je grince toujours des dents lorsque je dois faire contrôler mon petit changement de texte par ma voisine, celle qui pointe le doigt sur son écran pour vérifier si c’est aligné (les repères elle ne connaît pas ?), qui a un peu plus d’ancienneté mais presque pas d’expérience.

L’immobilisme
Lors du premier entretien, on m’a demandé qu’est-ce que je pourrais apporter de nouveau à l’entreprise et quel genre d’améliorations je pourrais mettre en place au niveau de graphisme. J’ai répondu avec entrain ce qui a semblé satisfaire mes interlocuteurs. M après quelques mois le constat est là : on ne peut rien changer. Au Japon, les règles sont les règles. Elles ont été instaurées il y a presque 10 ans et n’ont pas bougé depuis. Et il ne faut surtout pas avoir envie de créer quelque chose de nouveau car ça ne passera pas le contrôle des directrices artistiques. Du coup on utilise, entre autres, des effets qui ont été abandonnés en France depuis belle lurette. Le web 2.0 n’existe presque pas ici et ce n’est pas prêt de changer.

L’ennui
Je passe donc mes semaines à faire des changements de texte, d’image et des bannières. Quelque fois une page tombe mais le design est figé donc je n’ai pas à beaucoup réfléchir et c’est rageant. Ce n’est pas le travail que j’espérais faire, loin de là, mais en attendant je fais avec. J’ai un emploi dans le pays où je souhaitais vivre donc pas de quoi me plaindre…



Cette expérience, malgré quelques points négatifs est enrichissante et me plaît malgré tout beaucoup. J’ai adopté la vie japonaise et je ne me vois absolument pas rentrer en France dans les prochaines années. L’avenir sera sûrement en rouge et blanc.

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36 réflexions sur “Curiosités de la vie d’entreprise au Japon

  1. Merci pour cet article, c'est vraiment génial d'en savoir un peu plus sur le fonctionnement des japonais. Le respect des autres est vraiment ce qui me marque le plus chez eux, on pense aux autres avant de penser d'abord à soi, le reste de la planète devrait y penser, sans trop exagérer non plus. C'est vraiment dommage que l'ancienneté a plus d'importance que l'expérience, tout le monde peut apprendre grâce aux autres, les anciens peuvent apprendre sur les nouvelles techniques auprès des fraîchement diplômés. Du coup, je suppose que tu n'as pas eu l'occasion de transmettre ton savoir-faire « à la française » ? J'espère que bientôt tu auras de meilleures missions et que tu puisses progresser professionnellement. Je suis contente que tu te plaises vraiment là-bas 🙂

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  2. Merci pour ce témoignage. Malheureusement les « Je n'aime pas » ne sont pas une surprise, à croire que le « toutes les entreprises sont pareilles » sonne vrai.
    Tu es dans une grande boite ou plutôt PME ?

    Concernant la productivité, on a beau le lire dans les stats … Tu exagéres pas ?! À croire qu'ils pioncent :')

    Ça manque un peu de relecture mais j'ai fait avec :3

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  3. Bref, ce job c’est un peu « la croix et la bannière » 😉

    J'ai comme dans l'idée qu'on vous aurait récrutée
    plus pour donner un côté ouvert sur l'international à l'entreprise
    que par réel besoin de vos compétences.

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  4. Ton retour d'expérience semble confirmer beaucoup de choses que j'avais pu lire ou entendre sur le monde du travail au Japon.
    Si un jour tu trouves ce que « glandes » les japonais pendant leurs heures de travail, je suis preneur.

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  5. Excellent ton retour sur ton expérience! C'est super intéressant. J'avoue que j'aurais tout de même du mal, je pense, à me faire à l'idée qu'on ne peut rien changer… Reste que si tu parviens à découvrir pourquoi leur productivité est si basse, ça m'intéresse 😀

    Comment est-ce vu, d'ailleurs, de NE PAS faire d'heures supplémentaires au Japon? En Amérique du Nord, où je vis, c'est « mal vu » de faire des heures supp. Or, au Japon, c'est monnaie courante. Du coup, est-ce qu'on peut te reprocher de ne pas faire d'heures supp?

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  6. Ton billet est super intéressant !
    Quelle différence de culture…
    Ici, on en prend plein les oreilles des conversations des collègues qui pensent que l'on montre que l'on travaille bien en s'agitant et en faisant du bruit 😉
    Je suis étonnée sur l'histoire de la productivité…

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  7. Ah sympa ta façon de voir les choses naturellement. Tu donnes ton point de vue et j'aime ça. Dur de se faire une idée du boulot au Japon. Je pensai, comme tu l'as dit, que les japonais bossaient beaucoup et donc hyper productif. Ça me rassure que ce ne soit pas le cas XD
    Il te reste combien de jours de congés au final ? Tu en accumules combien par mois ? Ou semaine ? Je ne sais pas comment ça marche.
    Les matsuri ont commencé ? Régale toi bien 🙂

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  8. Vraiment intéressant cet article ! Moi je suis DA, et j'avoue que je ne pourrais pas travailler au Japon après t'avoir lu :p ! Quand je suis arrivée dans ma boite on m'a proposé un ordi Windows sauf que je bosse sur mac donc j'ai bossé sur mon mac perso pendant 1 an… (pas question que je touche à windobe !), les horaires de la boite sont « flexibles », l'ambiance est décontractée, et nous on adore changé tout ce qui peut être changé !!! La déco des bureaux, ou carrément le lieu des bureaux… Un jour un directeur tech m'a dit « tient ça serait cool qu'on fasse du flat design », le lendemain la maquette était finie et 1 semaine après on avait modifié tout le site !!!!! Je crois que je ne supporterai pas non plus de devoir supporter les « approbations » de quelqu'un qui a moins d'expérience et de compétences que moi… Cela m'est déjà arrivé dans une ancienne boite et j'ai démissionné pendant ma période d'essai !!! ^^
    J'avais une très très bonne amie Japonaise qui avait passé 1 an en France et je me souviendrai toujours la tête rouge écarlate qu'elle a fait lorsque l'un de mes amies lui a fait la bise lol Ce sont vraiment 2 cultures différentes mais c'est cool de voir toutes ces différences.
    Je pense que c'est une expérience ultra enrichissante pour toi, tant au niveau humain qu'au niveau du travail, tu vas surement revenir avec une autre approche 🙂

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  9. J'ai remarqué la capacité de travail des japonais en tant que prof. Mes élèves (je suis prof de FLE) travaillent énormément et sont complètement perdus dans le système universitaire français avec l'impression de crouler sous le boulot dès le premier jour. Ce sont également les élèves à qui je dois laisser le plus de temps pour lire un texte, faire un exos, etc.
    Bonne continuation, car finalement ce n'est qu'en t'accrochant (et en prenant des années d'ancienneté) que tu pourras commencer à faire des trucs sympas.

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  10. C'est passionnant de découvrir une culture étrangère à travers les yeux d'une personne qui en fait l'expérience au quotidien, j'ai bu les mots de ton billet de A à Z ! Personnellement, j'aurais quand même du mal avec l'immobilisme, l'impression de stagner…

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  11. Ah mais je ne compte pas revenir 🙂

    Je suis sous windows à mon travail et je ne supporte pas (j'ai toujours travaillé sous mac avant). Je me demande quand est-ce qu'ils vont changer car ce n'est vraiment pas fait pour le design.

    Je ne compte pas faire toute ma carrière dans mon entreprise actuelle mais en effet c'est vraiment enrichissant et c'est une très bonne première expérience.

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  12. Sur l'année on a 14 jours (de janvier à janvier). Comme je suis arrivée en avril je n'avais que 10 jours dont 5,5 ont été pour ma grippe. Ici (enfin dans mon entreprise) on ne cumule pas comme en France, on reçoit le total en janvier et c'est à nous de gérer.

    Pas encore mais ça ne saurait tarder 🙂

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  13. Oui je suis carrément déçue mais j'essaye de m'accrocher.

    Hum, je ne pense pas car l'entreprise ne s'exporte pas en dehors de la Corée et du Japon et a comme objectif de devenir la première entreprise sur son secteur au Japon. Peut-être dans quelques années (mais je ne serais plus là je pense).

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  14. Je suis dans une grosse entreprise.

    Non je n'exagère pas, je ne fais le constat que ce dont je suis témoin tous les jours.

    Oui quand on écrit à 2h du matin, il y a quelques petites fautes 🙂

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  15. Étant actuellement en stage, je comprends et compatis tout à fait. Je bosse pour une asso mais dans les bureaux d'un grand organisme, c'est différent d'une entreprise ^^
    Je vais revenir sur quelques points qui me concernent/me consternent/m'étonnent….

    – la productivité : mais que font-ils ? Eh bien…. je sais pas chez toi, mais de mon côté ils mettent BEAUCIUP de temps pour prendre les décisions les plus stupides ! Faire des photocopies est une vraie aventure. En France, on me dirais : « tu fais 20 photocopies de ça » ici, kachou-san sors la feuille de son emballage plastique individuel, la sort, montre à mon collègue H-san, lui dit qu'il faut la photocopier, lui demande s'il peut le faire, ils parlent du nombre d'exemplaires à faire, elle le prie de bien vouloir s'en occuper et ils y vont ensemble…. le tout prend de longues minutes. Et ça c'est que les photocopies. Tout prend du temps, ils perdent un temps de fou, ça me sidère… En attendant moi je suis sur mon PC et je traduis et quand je dois leur donner un coup de main (pour assembler des feuilles, les aggrapher et mettre une sorte de scotch sur le côté de la reliure pour que ça soit joli….) et que je « perd » 1h à faire ça, ça me rend malade de me dire que cette heure aurait pu être bien mieux utilisée si j'étais pas avec eux à prendre une feuille de chaque tas et de les aggrapher ensemble….

    L'ambiance de travail et le respect des autres, je plussie. De mon côté, kachou-san apporte tous les jours du thé et des biscuits, ou alors elle demande à mon collègue H-san d'aller acheter des taiyaki et du thé au supermarché du coin (alors que y'a un Lawson au RDC des bureaux), on boit du thé et on parle de tout et de rien (encore une fois j'aimerais bien bosser mais ici « goyukkuri » est le mot-clé semblerait-il…..). Puis je pense que le fait d'être hyper minutieux, hyper exigent sur les moindres détails jouent aussi sur la productivité.

    Sinon, l'immobilisme je n'y suis pas personnellement confrontée, mais j'ai entendu beaucoup d'histoires là-dessus…. c'est bien dommage, car si le Japon n'évolue pas et n'est pas plus productif, ça finira par lui nuire. J'aimerais un jour travailler au Japon, mais j'ai bien peur que mon savoir dans l'interculturalité devienne complètement inutile et que les japonais préfèrent faire les choses « à la japonaise » plutôt que de s'intéresser à comment faire évoluer les choses, s'inspirer de l'étranger pour améliorer les méthodes de travail etc.

    Un point que je voulais rajouter :

    – le fait que le premier jour on rencontre tout le beau monde (….) qui travaillent dans les même bureaux que toi alors que 80% c'est des gens avec qui tu n'auras aucune relation ensuite si ce n'est un petit hochement de tête quand tu les croise de très loin…. ça et les jiko shoukai, de manière générale.

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  16. Article super intéressant !
    Je ne suis pas très étonnée par ce que tu expliques, surtout en ce qui concerne la productivité japonaise (on dirait que faire 2h sup par jour est plus respecté que de faire son travail vite et bien), et la valorisation de l'ancienneté par rapport à l'expérience. C'est un peu dommage de ne pas s'ouvrir aux idées fraîches et neuves d'un nouveau venu !
    L'absence de congés maladie refroidit un peu quand même… Du coup il te reste combien de vacances (c'est 2 semaines par an, c'est ça ?) ?
    En revanche, quel plaisir ça doit être d'être traitée comme n'importe quel autre employé ! Je pense que ça aurait dur à encaisser d'avoir un traitement « à part » parce que tu n'es pas japonaise.
    En tout cas bravo, ton expérience fait plaisir à lire !
    Bon courage pour la suite 😉

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  17. Merci beaucoup pour cet article, avec ça je « complète » un peu ma vision du japon 🙂
    Je n'ai que 15ans, mais ça fait maintenant 3ans, que, plus tard, j'ai envie d'aller vivre [et donc travailler] au japon [même si mon père fait tout pour m'en dissuader, avec tous ses préjugés, mais bon, je fais avec], j'ai aussi commencé à apprendre la langue en autodidacte [hiraganas&katakanas > Ok !], mais bon, j'avance pas très vite… [surtout avec les kanjis TxT »]

    Dans ton article [enfin, les commentaires de l'article :p], tu viens de répondre à une question auquel je cherche la réponse depuis un moment : La durée des congés ! [très important, nah mais oh !]. Deux semaines, dans l'année, ça ne paraît pas énorme par rapport à nos cinq semaines, sans compter les arrêts maladie… [et congé maternité ?]
    A vrai dire, j'ai beaucoup lu sur les conditions de travail des gaijins, ce qui se répétait souvent, c'était, l'ancienneté qui comptait plus que l'expérience [comme tu l'as dit], qu'un étranger à droit à un traitement différent qu'à un japonais [mais ce n'est pas ton cas apparemment !], que les femmes ont un comportement qui porte à confusion avec leurs collègues masculins étrangers [si si]

    Mais toutes les informations que j'ai trouvée auparavant, venait toujours d'hommes français [pourquoi ?], ou de japonaise vivant en France, mais jamais venant d'un homme japonais ou d'une française [sauf avant de tomber sur ton site]

    Enfin, voilà, voilà, tous ça pour dire que je suis admirative [réellement] de ton travail là-bas [je fais un peu de graph' depuis deux ans avec Gimp < .<", bien que j'ai du mal à dessiner]. Mais aussi tout simplement parce que tu habites au Japon, et que dès que je trouve une info en plus dessus, je tente de convaincre [en vrai] mes parents de m'y envoyer. Mais maintenant, depuis que j'ai été acceptée dans mon lycée qui fait des voyages en Russie et au Japon, je vais peut-être enfin pouvoir y aller prochainement 😀 !

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  18. merci à toi d'avoir pris du recul pour nous confier ta vision, c'est vraiment très intéressant!
    Tu parles d'ambiance conviviale, je ne sais pas pourquoi, j'ai cette impression que les relations entre collègues sont très superficielles. Un collègue japonais m'avait dit être très étonné qu'on parle politique à la cantine, mais c'est sûrement très français!

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